12/02/2013

Baromètre de l'Accessibilité

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L’accessibilité progresse, selon la 4e édition du baromètre APF de l’accessibilité, mais pas assez vite pour respecter l’échéance d’une France accessible en 2015. En tête du classement, Grenoble détrône Nantes, qui reste néanmoins à une flatteuse deuxième place à égalité avec Belfort. Lille affiche une belle progression (+3 points), qui la hisse à la 5e place. En bas de classement, Chaumont (Haute-Marne) ferme la marche, comme l’an passé, flanquée de Moulins (Allier), Evreux (Eure) et Digne-les bains (Alpes-de-Haute-Provence), toutes en dessous de la moyenne.

La moyenne nationale des 96 chefs-lieux départementaux, scrutés par les délégations de l’Association des Paralysés de France (APF), est en hausse continue : 10,6 en 2009 ; 11,6 en 2010 ; 12 en 2011 et 13,2 en 2012. Quatre villes seulement restent en dessous de la moyenne contre 21 en 2010. Et le nombre de celles ayant une note supérieure ou égale à 14 est passé de 15 en 2010 à 33 en 2012. Ces indicateurs montrent même que la dynamique s’est accélérée l’an passé. Ce que confirme d’ailleurs l’augmentation du nombre de dossiers examinés par les commissions consultatives départementales de sécurité et d’accessibilité.

Il n’en reste pas moins que 30 % des chefs-lieux de département ont une note inférieure à 12, ce qui montre qu’elles n’ont pas pris la mesure de l’enjeu. Surtout, certains établissements recevant du public (ERP) sont, globalement, très en retard : les commerces de proximité ainsi que les cabinets médicaux et paramédicaux. « Il est inadmissible que les personnes en situation de handicap en soient encore réduites à choisir leur boulanger, ou, plus grave encore, leur médecin, en fonction du degré d’accessibilité de leur établissement et non en fonction de leurs compétences», tempête Nicolas Mérille, conseiller national accessibilité et conception universelle à l’APF. Autre point noir : seules 33 % des lignes de bus sont aux normes ! Bref, les résultats du baromètre APF 2012 montrent, s'il en était encore besoin, que les échéances légales des 1er janvier et 12 février 2015, les dates respectives auxquelles tous les ERP et moyens de transports devront être accessibles, ne pourront pas être respectées.

Pas de stratégie nationale :  Pour l’APF, la première cause du retard pris « tient principalement à l’absence manifeste, tangible et abyssale d’une réelle politique publique stratégique pour mener à bien un objectif législatif aussi ambitieux ». A cela s'ajoute le « défaut "d’encadrement" initial de la mission de diagnostiqueur accessibilité. Nombre de retours font état d’incomplétude pour le moins, et d’incompétence pour le plus, en ce qui concerne la majorité des diagnostiqueurs. » Par exemple, certains prescrivent absolument la pose d’ascenseurs, là où il serait plus judicieux de suggérer le déplacement d’un service situé à un étage inaccessible vers le rez-de-chaussée accessible. Et l’APF de regretter « une vision ultratechnicienne qui ne recherche pas les solutions de bon sens pour les ERP existants ». Franck Seuret

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